Editorial
Editorial octobre 2026
Chères adhérentes, chers adhérents,
Il est des années que l'on traverse presque sans s'en apercevoir, et d'autres qui semblent décidées à éprouver notre capacité d'adaptation. À bien des égards, 2026 appartient incontestablement à la seconde catégorie !
Sur le front climatique, difficile d'échapper à la surchauffe. La France a connu un été particulièrement chaud, et même la Bretagne, habituellement réputée pour sa climatisation naturelle, n'a pas été épargnée ! Sécheresse, incendies et records de température nous ont rappelé que le changement climatique n'était plus une perspective lointaine. De quoi nous faire apprécier la température contrôlée de nos laboratoires… tout en nous interrogeant sur l'empreinte environnementale de nos pratiques, à l'heure où la numérisation et l’IA multiplient nos besoins énergétiques.
Sur le front social et politique, la température n'a guère été plus clémente. Entre incertitudes budgétaires, manifestations et inquiétudes sur l'avenir des services publics, le monde de la santé n'échappe pas aux tensions. Les contraintes économiques s'accentuent alors que les exigences de qualité et les besoins en expertise ne cessent de croître. Notre spécialité connaît bien ce paradoxe : être toujours plus sollicitée, tout en devant sans cesse démontrer sa valeur et justifier ses moyens.
Sur le front sportif, la Coupe du monde de football nous aura offert son lot d'émotions. Les Bleus n'auront certes pas décroché une troisième étoile, mais cette compétition nous rappelle l'importance du collectif, de la complémentarité des compétences et des bonnes décisions au bon moment… même si la VAR n'a pas encore totalement trouvé son équivalent dans nos laboratoires !
Mais c'est peut-être du côté du tennis de table que sont venues les plus belles satisfactions françaises. Les frères Alexis et Félix Lebrun ont poursuivi leur impressionnante ascension, conservant leur titre de champions d'Europe en double, tandis que Félix succédait à son frère au palmarès européen en simple. Précision, rapidité, concentration et complémentarité : des qualités que les anatomopathologistes ne renient pas ! À ceci près qu'entre une balle lancée à plus de 100 km/h et une lame d’anapath, nous avons généralement un peu plus de temps pour prendre notre décision… quoique, à en croire certains délais de rendu attendus …
Et sur le front de la pathologie ? Là aussi, les transformations s'accélèrent. La pathologie numérique poursuit son déploiement, l’IA suscite autant d'enthousiasme que d'interrogations, et la médecine de précision renforce notre rôle dans la prise en charge des patients. Mais derrière les promesses technologiques demeurent des défis très concrets : accompagner les équipes, garantir la qualité des nouveaux outils, préserver l'attractivité de notre spécialité et former les générations futures.
Face à ces enjeux, notre Société a un rôle essentiel à jouer : favoriser les échanges, accompagner l'évolution des pratiques, soutenir la formation et la recherche, et défendre notre discipline auprès des institutions. Car si 2026 nous enseigne quelque chose, c'est bien que les réponses aux grands défis ne peuvent être uniquement individuelles. Coopération, dialogue et engagement collectif restent plus que jamais indispensables.
Alors, à l'heure où les températures redescendent — du moins sur les thermomètres —, souhaitons que l'enthousiasme pour notre discipline reste au beau fixe. Et, à l'image des frères Lebrun, continuons à jouer collectif, à garder l'œil sur la balle et à ne jamais perdre le sens du rebond !
Reste une dernière question. Alors que l‘IA s'invite désormais jusque dans les polémiques entourant les prix littéraires, le comble ne serait-il pas de découvrir que cet éditorial, censé porter la parole du président d'une société savante, n'a même pas été rédigé par un humain, mais par une IA ?
Eh bien, c'est pourtant effectivement le cas! Et, au final, est-ce vraiment si grave ?
Bonne lecture à toutes et à tous et à très bientôt !
Arnaud Uguen,
Président de la Société Française de Pathologie

